Vini, Birre, Ribelli : rencontre avec Patrick Böttcher

C’est au Mœder Lambic, autour de quelques gueuzes Cantillon, tout un symbole, que je retrouve Patrick Böttcher pour lui poser quelques questions au sujet du salon Vini, Birre, Ribelli qui aura lieu au Stade Roi Baudouin les 28 et 29 novembre prochains.

La première édition avait rassemblé près de 1300 personnes et 3000 sont attendues pour ce second opus, ni plus ni moins. Seront rassemblés au total 136 exposants : vignerons, brasseurs indépendants, ainsi qu’un village slow-food pour se restaurer.

« La convivialité »

Apothicaire, administrateur de Slow Food Bruxelles, blogueur, chroniqueur radio, écrivain : Patrick Böttcher, cet œnophile passionné et engagé est aussi l’organisateur du salon Vini, Birre Ribelli. Pour le coup, il ose être « un peu dikkenek », et espère offrir « quelque chose de réellement unique ».

Ce salon fait suite, « à de nombreuses visites qui l’on construit humainement », en France et en Italie principalement. Au fil des années, il arpente les terroirs à la découverte de vignerons et de leurs produits, crée des affinités gustatives et tisse des liens d’amitié. Vini, Birre Ribelli permet de rassembler et remercier ses rencontres, après trente ans de voyages vinicoles et de quilles partagées. Au delà des produits, c’est un salon de personnes, de copains. Cela fait écho à Tronches de vin, le livre qu’a co-écrit Patrick, qui parle assez peu du vin en son essence même, mais plutôt des gens.

« Quand je vais chercher la quille dans la cave, je vais chercher une histoire, une rencontre. »

A l’origine du projet, il profite de l’aide de Jean Hummler (Mœder Lambic) pour le versant bière, et de la compétence de deux autres associés notamment pour la communication dans la langue italienne (les vignerons italiens représentent cette année « 50% du cheptel »).

Birre e vini ?

Patrick me parle de son amour de l’acidité, de ce besoin rafraichissant que le vin ne satisfait pas toujours. Il me parle de la brasserie Cantillon qu’il aime tant, et des petites brasseries artisanales qui ont des philosophies qui correspondent à celles des vignerons, finalement.

Pour le partage lors de ses voyages (puisqu’il n’est question que de partage après tout), il offre à ses hôtes, les bières de la brasserie Cantillon, bien connues des vignerons. Ces bouteilles constitueront à une période une vraie monnaie d’échange. C’est donc un beau clin d’œil à son histoire que de rassembler bières et vins.

Il me confie aussi que les brasseurs sont friands de vin nature, au même titre que les vignerons adorent les bières artisanales. L’organisation d’un salon mixte est alors apparu comme une évidence.

De la terre à la cave.

Patrick parle de « révélation vinique » ou encore du « chemin naturel » qu’il a tracé soigneusement au gré des rencontres et des affinités gustatives, ponctué de prises de conscience quant au traitement de la terre et de la vigne où, « au fur et à mesure le slow s’est imposé pour la bière et le vin ».

L’envolée des prix des grands vins d’étiquette il y a une trentaine d’années, a amené Patrick à se tourner vers des régions plus accessibles. Mais c’est avant tout sur le terrain, en goûtant, en discutant, que le vin naturel est devenu « un réflexe hygiénique » et éthique. L’humain dirige tout pour produire son vin, et c’est lui qui permet ce retour au respect de la terre par sa démarche de travail. C’est là qu’est la fameuse « révélation vinique ».

« Tout est d’un seul tenant, il ne doit y avoir aucune séparation entre l’homme, la vigne, son vin et sa cave. »

Rebelle, hélas !

Le vin est un produit qui est clairement au dessus du panier en terme d’utilisation de pesticides, d’herbicides, et même d’intrants en cave dans son processus d’élaboration total. Selon Patrick, c’est on ne peut plus normal que certains aient voulu, à un moment, faire un vin d’artisan pur et dur, qu’on aime boire et qu’on aime faire, retourner à la terre, en somme.

« Faire du vin comme on faisait avant, est devenu une rébellion. »

Patrick me fait comprendre qu’il ne s’agit pas non plus de cracher sur la science, mais que plus on respecte la terre, plus on la laisse vivre, plus le raisin vous le rend.

« Le contenu de notre assiette est le dernier levier pour interagir avec la politique. C’est la seule chose où nous avons encore le choix. On vote avec son assiette.»

Dans le cadre du salon, « il ne s’agit pas d’être prescripteur », me dit Patrick, mais de partager du plaisir et de la convivialité avant tout, comme cette petite heure passée ensemble au Mœder Lambic.

Le rendez-vous aura lieu au Stade du Roi Baudouin sur le site du Heysel le samedi 28 et dimanche 29 novembre prochains de 10h à 19h.

Tarifs :
– sur le site internet du salon : une journée 10 euros, les deux pour 15

– sur place : 15 euros la journée, 20 le week-end complet

Vous pourrez acheter vins et bières aux vignerons et aux brasseurs sur place, avec un service de portage de vos marchandises jusqu’au coffre de votre voiture.

Mais aussi ! Des conférences et dédicaces de livres ponctueront le week-end.

Ne manquez pas la projection d’Insecticide mon amour, le second film documentaire de Guillaume Bodin, un brulôt au sujet des traitements préventifs de la vigne pour la flavescence dorée.

Vous pourrez vous restaurer sur place avec le Slow-food village, qui propose une cuisine responsable.

L’intégralité du programme ainsi que les réservations sont disponibles sur le site du salon (vous pourrez bien sûr acheter vos billets d’entrée sur place).

Sanneteïe !!