No more twist : du mouvement dans le droit fil

C’est l’histoire de petites souris, qui décident secrètement d’aider le tailleur de leur village à terminer le costume que le maire lui a commandé pour son mariage. Après trois jours cloué au lit, il ne reste plus que quelques heures au vieux tailleur pour achever son ouvrage. Lorsqu’il pénètre dans son atelier, il découvre avec surprise le costume entièrement assemblé et brodé de magnifiques fleurs. Les souris ont travaillé toute la nuit pour terminer le vêtement… enfin pas tout à fait, il leur manquait quelques centimètres de fil pour la dernière boutonnière. Elles épinglent à la place, un petit bout de papier sur lequel est écrit « No more twist » : il n’y a plus de fil…

Du mouvement et de l’inattendu

C’est de ce conte de Beatrix Potter, The Tailor of Gloucester, que la marque emprunte son nom, et ce sont les trois designers, Marie, Anne et Michèle qui tissent la suite de l’histoire. Le twist c’est le fil, mais c’est aussi la torsion, l’une des particularités techniques et esthétiques que l’on trouve dans les tissus No more twist. En effet, dans leurs recherches et leur travail de tissage, les trois souris ne suivent pas toujours l’autorité du droit fil, au contraire, elles viennent le contrarier, le faire vibrer, onduler.

« On aime bien qu’il y ait un twist dans ce que l’on fait, du mouvement et de l’inattendu. »

« No more twist c’est avant tout un atelier de création que l’on utilise pour transmettre un message et montrer un savoir-faire. On a une identité visuelle qui tourne autour de la couleur, du toucher et de la technique. »

Marie Beguin, Anne de Prémare et Michèle Populer se sont rencontrées à l’Académie des Beaux Arts de Bruxelles, alors qu’elles suivaient un master en design textile. Trois personnalités qui s’affirment et se complètent au fil de la trame.

La technique, la couleur ou le motif, chacune une spécialité qui vient enrichir l’autre, No more twist c’est un trio qui fonctionne !

Un travail de recherche minutieux pour un produit de qualité

Toute la chaîne s’articule dans le souci du détail. Le travail de recherche est réalisé à la main par les designers. Puis, une fois les échantillons aboutis, elles rejoignent pour quelques jours une petite usine belge, pour suivre la mise en production. Le tissage se fait avec les plus beaux fils de laine et de soie d’Italie. Pour les coussins, la doublure est réalisée à partir de lin ou de tissus synthétiques recyclés. Ceux-ci sont confectionnés à Liège dans l’atelier de couture de Creasol, un organisme de réinsertion socio-professionnelle.

L’inventivité VS la production de masse

Lorsque l’on produit de petites quantités, il faut être astucieux, c’est quelque chose qui revient au fil de mes rencontres. Dans tous les domaines, je fais l’heureux constat que les créateurs d’aujourd’hui réussissent à détourner les contraintes techniques imposées par la production industrielle, en les introduisant dans leur protocole de fabrication et en les transformant en parti pris esthétique ou technique.

Chez No more twist, la contrainte imposée par leur fabriquant était liée à la quantité : 100 mètres minimum par type de tissu. N’ayant pas besoin de ce métrage, elles élaborent un tissage qui se lit à l’endroit et à l’envers. Le motif est ainsi décliné en deux coloris sur le même morceau de tissu.

« Les minimums de production sont déjà assez élevés, donc on se débrouille. On utilise l’endroit et l’envers des tissus comme ça on a plus de variantes. »

L’art et la manière

Anne se nourrit beaucoup des défilés de couturiers belges, anglais et français : Jonathan Saunders, Iris van Herpen, Christian Lacroix, Dries Van Noten. De son côté, Marie trouve ses sources d’inspiration dans les expositions d’art contemporain ou plus simplement dans la poésie du quotidien. Michèle, historienne de formation, puise ses références dans l’histoire du textile.

La dernière collection, « Pinacoteca » (qui signifie « galerie de tableaux ») est basée sur des inspirations artistiques rencontrées dans les musées et galeries. Bien que les références précises n’aient pas été posées durant l’élaboration de la collection, il se dégage de cette nouvelle ligne, des résonances avec les travaux d’Ann Veronica Janssens. Les vibrations lumineuses provoquées par le twist des fils de couleur qui s’entrecroisent, et viennent vibrer à la surface du tissu, font penser sans détour aux installations de l’artiste belge.

Depuis peu, la jeune marque possède un lieu pour exposer ses collections, au 5 de la rue St Christophe à Bruxelles. Le showroom accueille pour son ouverture d’autres designers amis de No more twist. Pour l’instant, le lieu ouvre ses portes sur rendez-vous. Prochainement, l’espace sera ouvert de manière régulière, un à deux jours par semaine. Et pour l’été 2016, préparez-vous, des ateliers de tissage adultes et enfants y seront proposés.

Pour vous envelopper cet hiver dans la laine et la soie de No more twist, vous pouvez vous rendre sur le shop en ligne de la marque ou dans les différents points de vente à Bruxelles (Altera, Bel’Arte, Belge une fois, Bonjour Bruxelles), La Hulpe (Le comptoir des créateurs) ou à Liège (Wattitude, Sit On Design).

Vous retrouvez également No more twist du 13 au 15 janvier à Copenhague sur le salon North modern et du 22 au 26 janvier sur le stand collectif de WBDM au salon Maison & Objet à Paris.